«Pas toi!» Comprendre la préférence parentale

par Karolann & Krysta

Dans sa première année de vie, ma petite était presque toujours avec moi. J’étais sa maman ours qui prenait soin d’elle la grande majorité du temps. Je la nourrissais, je la berçais, je la réconfortais. Et oh oui, il y avait aussi ses réveils la nuit!

Bien sûr, papa était là aussi, mais je voyais comment naturellement mes instincts et ceux de ma petite étaient activés. Ensemble, nous étions fortement liées. 

Et le temps a passé. Elle a grandi. Et nos relations ont évolué aussi. 

C’est vers l’âge de ses 18 mois que j’ai entendu pour la première fois «Pas toi!». Mon cœur s’est brisé. J’ai ressenti du rejet, de la tristesse… peut-être même un brin de jalousie. Et si ça devenait notre nouvelle réalité?

À ce moment, papa et elle sortaient d’un moment agréable où ils avaient joué à cache-cache. Ma fille résistait à ce que je m’engage et prenne le lead dans la routine du dodo. Elle refusait de me suivre et de se diriger vers sa chambre. Évidemment, ce n’était pas la première fois qu’elle s’opposait ou résistait à moi, mais c’était une des premières fois que je ressentais son fort désir d’être prise en charge par… papa.

J’ai ressenti la préférence parentale. 

La préférence parentale peut être présente à différents moments au cours de la vie de nos enfants et pour différentes raisons. 

Dans la première année de vie, il est tout à fait normal de voir une résistance du bébé envers le parent qui n’est pas le principal donneur de soins. D’ailleurs, je me souviens vivement de ma petite de 8 mois qui refusait d’ouvrir la bouche au moment du souper lorsque c’était papa et elle avait été toute la journée avec moi, sous ma charge. 

Au fil du temps et de mes lectures, j’ai pu comprendre que, bien souvent, ce désir d’être davantage avec un versus l’autre est normal pour nos enfants en bas âge. Ça relève généralement des instincts d’attachement. Lorsque les instincts d’attachement de bébé sont activés envers un parent, il est fort possible que les instincts de résistance soient activés envers l’autre.

Bien que ce n’est pas rare d’observer ce phénomène chez nos enfants d’âge préscolaire, il faut s’assurer de ne pas négliger une possibilité de difficulté relationnelle plus important et ce, surtout pour nos enfants un peu plus vieux. 

Dans tous les cas, la figure principale d’attachement doit agir en tant que cupidon. Elle porte le rôle d’intermédiaire, ce qui signifie qu’elle est la personne qui facilite et nourrit discrètement l’attachement entre l’enfant et son autre parent. 

À l’intérieur de la première année de vie de bébé, ceci peut ressembler à ce que l’autre parent soit présent. Il faut que bébé doit être exposé à son village d’attachement. C’est une danse à l’intérieur de laquelle nous pouvons créer des moments de soin entre l’autre grande personne et bébé tout en respectant les émotions de bébé. 

Dans la deuxième année de vie et au-delà, nous pouvons doucement nourrir l’attachement via les points en commun qu’ils ont, le sentiment d’appartenance ou encore le besoin de se sentir important. «Oh papa aussi adore le chocolat», «Oh la fille à maman!», «Papa m’a dit comment il a aimé jouer avec toi hier au parc!» en sont quelques exemples. 

Nous pouvons également exposer nos enfants à des situations où ils se retrouvent dans une position où ils dépendent de l’autre parent, où ils se déposent dans son lead. Par exemple, lorsque maman apprend au tout-petit à faire du vélo, que papa cuisine des recettes avec l’enfant, qu’un parent accompagne l’enfant à monter dans une structure plus avancée au parc. 

Nos enfants ont besoin de temps et d’espace pour approfondir leur relation avec chacun des parents. 

Pour terminer, bien que la préférence parentale soit normale pour nos tout petits, gardons en tête notre rôle de cupidon. Ainsi, nous allons tout naturellement offrir un environnement bienveillant facilitant la connexion avec plus d’un adulte et ceci aidera nos enfants à évoluer et grandir pleinement. 

Karolann Robinson, D.Psy.

Krysta Letto, M.Sc.

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2 Commentaires

  1. J’adore l’article!

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  2. Tellement intéressant!

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